Dire la maladie : le droit à l’information

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Dire la maladie : Le droit à l’information


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On n’insistera jamais assez sur le fait que chacun doit être acteur de sa santé. Or, être acteur de sa santé, c’est aussi pouvoir être informé : informé de son état de santé, des traitements et alternatives et de l’évolution d’une maladie. Le médecin étant le vecteur privilégié de l’information au patient, la relation entre celui-ci et son patient doit reposer sur la confiance et la loyauté.

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Ce que dit la loi

 

L’article 11 de la loi du 4 mars 2002, relative au droit des malades et à la qualité du système de santé précise que « toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé. » Le professionnel de santé a donc le devoir d’informer son patient, lors d’un entretien individuel, sur sa maladie ainsi que sur les différentes possibilités de traitement ou de prévention. Cependant, la volonté de ne pas connaître un diagnostic ou un pronostic doit être respectée par le médecin. Le texte affirme que le patient participe donc à toutes les décisions médicales qui le concernent et que le médecin doit respecter ces décisions. Ainsi, « aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne ». Bien sûr, il existe des exceptions à cette règle, notamment en cas d’urgence et si le patient n’est pas en état de donner son consentement.

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L’article 35 du Code de la Santé publique apporte des précisions sur la nature et la qualité de l’information qui doit être délivrée. En effet, « le médecin doit à la personne qu’il examine, qu’il soigne ou qu’il conseille, une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu’il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension. » L’article revient également sur le fait que si le patient souhaite ne pas être informé du diagnostic, le médecin doit respecter ce souhait, sauf si cela expose des tiers à un risque de contamination. Le texte aborde enfin la délicate question du pronostic fatal en précisant qu’il « ne doit être révélé qu’avec circonspection ». Les proches doivent cependant être prévenus, sauf si le malade l’a expressément interdit.

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Les droits et les devoirs de chacun

 

Qui d’entre nous ne s’est jamais dit, à l’issue d’une consultation chez un médecin, spécialiste ou non : « il ne m’a rien dit de ce que j’attendais », ou bien encore, « je n’ai pas tout compris… » ? Le droit à l’information est primordial pour une meilleure prise en charge de la maladie, pour une meilleure autogestion aussi.

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Une information loyale

 

C’est une question d’éthique. Cela signifie bien sûr que le mensonge et la dissimulation n’ont pas leur place dans la relation patient-médecin. Mais cela signifie également que le médecin doit trouver, dans son mode de communication avec le patient, le juste milieu entre une sollicitude réconfortante qui conduirait à cacher au patient un certain nombre d’informations lorsque la situation s’aggrave et l’annonce franche et brutale d’un diagnostic qui ne tiendrait pas compte de la psychologie de chacun.

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Une information claire

 

C’est-à-dire que l’information donnée doit être intelligible ! N’oublions pas que le mot « docteur » vient du latin docere qui signifie « instruire ». Le médecin se doit donc d’être un pédagogue et d’adapter en simplifiant, en répétant, en échangeant avec le patient, son discours, sans pour autant sacrifier à la quantité ou à la qualité de l’information transmise.

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Une information appropriée

 

C’est-à-dire appropriée aux circonstances. Il est évident que l’on n’annoncera pas de la même manière à un patient une laryngite et un cancer du larynx. L’article 35 du Code de la Santé Publique précise bien que le médecin doit tenir compte de la personnalité du patient tout au long de la maladie et donc adapter son discours en fonction de l’évolution de la maladie.

Cette déontologie s’applique dans l’intérêt de tous, afin que chacun puisse participer pleinement et librement aux choix thérapeutiques qui le concernent et être un véritable acteur de sa santé.

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