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Quel est le secret ?

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Primo, la confiance. Secundo, l’amour. Tertio, le mouvement.

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Commençons par la confiance :

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– La confiance en la Médecine, évidemment, en sa capacité à proposer des solutions

thérapeutiques adaptées, permettant de guérir. C’est là un discours que j’entends

souvent et avec lequel je suis bien d’accord : la Médecine fait des progrès énormes et est capable aujourd’hui de guérir un nombre important et croissant de malades atteints du cancer.

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– La confiance dans toutes les médecines qui offrent des ressources complémentaires permettant d’aider à supporter au mieux les solutions thérapeutiques citées ci-dessus.

L’éventail est large, au risque de s’y perdre, mais là aussi, je fais confiance à mon intuition. J’aurai certainement l’occasion d’en reparler.

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– La confiance en moi, en ma propre force, en ma capacité à mobiliser l’énergie nécessaire. Je ne me sens pas de talent particulier dans ce domaine car je crois profondément en l’incroyable capacité d’adaptation dont chacun d’entre nous, êtres vivants, sommes capables. Nous avons tous en nous des trésors insoupçonnés nous permettant de toujours trouver une solution pour nous adapter à n’importe quelle situation. C’est une sensation de puissance incroyable que de se dire que, quoi qu’il nous arrive, nous avons toujours la capacité de nous y adapter.

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Ensuite, l’amour.

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Ah, l’amour ! Aimer et me sentir aimée, plus que jamais, est une source d’énergie infiniment précieuse. Je sais que j’ai une chance extraordinaire de connaitre de tels sentiments. Je ne m’y attarderai pas plus car cela n’appartient qu’à nous deux.

Au-delà de l’amour de mon amour, il y a les sentiments partagés avec ma famille, mes proches qui constituent un immense réconfort et une source inépuisable de bonheur. Là aussi, cela relève de mon jardin privé.

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Et au-delà encore, il y a le réseau infini d’amis, puis de connaissances, qui tisse une immense toile de solidarité. Cette toile s’élargit de jour en jour et je rêve de l’agrandir encore et encore. Toutes les pensées positives que je reçois de toutes ces personnes sont d’une aide inestimable pour me protéger du sentiment de solitude et d’accablement qui cherche à s’immiscer parfois.

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Et au-delà encore de tous ces sentiments partagés, il y a une chose toute simple qui fait énormément de bien, c’est se faire plaisir ! Tous les plaisirs de la vie sont bons à prendre ; ils prennent une saveur toute particulière dès qu’on se sent vulnérable. Il n’y a aucune raison de s’en priver, chacun est libre de choisir selon ses gouts. Faire des mots croisés, planter des fleurs, enrichir une collection de timbres ou d’étiquettes de fromages,… très peu pour moi. Mon truc à moi, c’est chanter, chanter à plusieurs de préférence. Aussi, mes amis choristes me sont tout particulièrement chers et les moments que je partage avec eux, des sources inépuisables de plaisir dont j’use sans vergogne.

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Et puis, il y a les petits plaisirs inattendus, éphémères, qu’il faut saisir dans l’instant où ils se présentent : le chant d’un oiseau, la forme d’un nuage, la couleur d’une fleur, une lumière fugitive dans un regard échangé, le doux ronronnement d’un chat, une coccinelle qui vient se poser sur mon épaule, juste au-dessus de là où je n’ai plus de sein…

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Finissons-en avec la séquence « émotions », parlons maintenant du mouvement.

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Je bouge, tu bouges, nous bougeons, c’est la vie. Tout sauf rester inerte, passif. J’en ressens physiquement l’absolue nécessité au point d’avoir parfois des fourmis dans les jambes.

Pourtant, je ne suis pas sportive, je ne l’ai jamais été. Je pense même que le sport, c’est dangereux, quand sa pratique devient intensive. Alors escalader des montagnes en courant, lancer des balles, nager, pédaler, ramer,… très peu pour moi. Le truc que j’ai trouvé, c’est tout bête, c’est marcher.

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Marcher, pour moi, ce n’est pas du sport, c’est bien plus que cela. C’est une activité complète, qui engage et nourrit à la fois le corps et l’esprit. Je découvre peu à peu les innombrables atouts et bienfaits de la marche. Cette découverte avait commencé avant que surgisse mon cancer. Son apparition ne fait que renforcer ma détermination à poursuivre mon exploration de tout ce que peut apporter le simple geste de marcher.

C’est un peu comme si mon cancer allait m’aider à progresser plus que jamais… dans le sens de la marche.

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Évidemment, marcher, cela n’a rien de nouveau. C’est même une des caractéristiques de base de l’être humain. De tout temps, les marcheurs sont nombreux, promeneurs, randonneurs, pèlerins, à prendre les chemins. Tellement de choses ont déjà été dites et écrites à propos de la marche. Les sentiers sont tellement innombrables, les témoignages de marcheurs tellement multiples. Qui suis-je, moi, pour espérer pouvoir apporter quelque chose de nouveau ?

Comme je l’ai déjà dit précédemment, je veux faire de mon cancer quelque chose d’utile.

Mon intuition est que marcher est un des outils à ma disposition pour m’aider à le vaincre. Je suis convaincue des vertus thérapeutiques de la marche pour vaincre la maladie. Je veux me servir de « mon cas » comme exemple et de mon expérience pour témoigner, afin que cela puisse éventuellement servir à d’autres, pourquoi pas à toi, ami lecteur ?

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Je marchais déjà « avant », mais peu, trop peu, même si je m’efforçais de marcher le plus souvent possible. C’était difficile de trouver du temps pour cela, dans une vie active bien remplie. Je me disais : plus tard, dès que j’aurai le temps, je partirai marcher, loin et longtemps. Maintenant, mon rapport au temps a radicalement changé et mon envie de marcher se fait plus pressante.

Je marche pour sentir mon corps bouger et vivre, pour sentir le soutien de la terre sous mes pieds, pour sentir mon dos et mes épaules se détendre, s’élargir, se libérer, pour sentir toutes mes articulations jouer, depuis mes orteils jusqu’en haut de mon cou,pour sentir le balancement rythmé des pas rayonner dans la totalité de mon corps, pour sentir l’air caresser ma peau et aller-venir dans mes poumons, pour sentir mes pensées dans ma tête arrêter de tourner en rond, s’ordonner, s’organiser et s’orienter… dans le sens de la marche.

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J’ai un projet qui prend corps peu à peu dans ma tête. Tout n’est pas encore très clair, je sais que cela se précisera naturellement au fur et à mesure. J’ai envie de marcher et je veux que marcher m’aide à me débarrasser de mon cancer. J’ai envie de marcher et je veux témoigner de mon expérience, pour que cela puisse éventuellement donner envie à d’autres d’en faire autant. J’ai envie de marcher et d’écrire, pour raconter ce que marcher m’apporte.

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• Marcher : tous les jours, de plus en plus loin, de plus en plus longtemps. Pour l’instant, quelques heures, en partant de chez moi, près de Toulouse. Bientôt, j’espère, pendant quelques jours pour pouvoir m’éloigner davantage. Un jour, je ne sais pas encore quand, marcher plusieurs semaines et plusieurs centaines de kilomètres. Je ne me sens pas particulièrement attirée par le chemin de Saint Jacques de Compostelle, qui attire pourtant un nombre croissant de pèlerins de tous horizons. Non, pour le moment, je suis plus attirée par la Méditerranée : je rêve d’aller à pied jusqu’à Marseille, ma ville natale.

Mon ambition est somme toute modeste et très raisonnable par rapport à des marcheurs célèbres ayant traversé la France en diagonale, tel Jacques Lacarrière, grand romancier ayant inspiré plusieurs autres grands marcheurs après lui. Ami lecteur, je te recommande son livre Chemin faisant (à mes yeux, la référence inégalable).

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• Écrire : tous les jours également, si possible, pour tenir une sorte de journal et en tirer régulièrement une sorte de chronique. Le texte ici présent en serait en quelque sorte le premier épisode. Et c’est ici, ami lecteur, que tu deviens très important. Car écrire n’a de sens que si tu es là ! Alors, je t’invite à me suivre dans le récit de mes aventures. Je t’invite à me répondre si tu le souhaites et à partager autour de toi si tu le souhaites aussi. Aujourd’hui, les moyens modernes de communication et la magie d’internet rendent cela très facile.

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Alors, ami lecteur, si tu m’as déjà lu jusqu’ici, j’espère avoir réussi à te donner envie de connaitre la suite (et peut-être aussi envie de marcher ?). Je te remercie et te dis à bientôt.

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Isabelle.

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